Je me suis engagée à raconter la vie extraordinaire de ma mère, Marie-Yolande. Une histoire qui tisse le destin de l’Afrique, l’île Maurice, Rodrigues, Tahiti, l’Australie, la France et Djibouti. 
Les origines
Ma mère porte le nom d’un corsaire du XVIIIe siècle, Jean Le Gallant, officier à bord de l'Auguste, un vaisseau qui transportait des esclaves du Cap Vert en Afrique vers l’océan Indien. Comme le voulait la coutume, les esclaves étaient rebaptisés du nom du capitaine qui les avait transportés et vendus. C'est là, dans cet héritage complexe, que mon grand-père Manuel Legallant né à Maurice rencontre Rosélia Samoisi, une Rodriguaise issue d'une famille de pêcheurs, venue travailler à Maurice, posant les premières pierres de notre histoire familiale en 1944 à Beau Bassin.
1969 : l'impensable départ
En 1968, l'île Maurice accède à l'indépendance. En 1969, Marie-Yolande (que ses amis surnomment Chantal) rencontre le navigateur australien Ken Broadhurst, ancien marin dans la Royal Australian Navy, qui vient de commencer un tour du monde sur le Janus Lee, un ketch de 30 pieds (30'x10'). Il lui propose de continuer son tour du monde ensemble. Ils feront la Une de L’Express le 30 janvier 1969, avant leur départ.
Escales inoubliables et rencontres légendaires

Marie-Yolande à Rio de Janeiro au Brésil en juillet 1969

Leur périple les mène de Port-Louis à Rio de Janeiro, où ils partagent l'émotion de l'atterrissage de Neil Armstrong sur la Lune en juillet 1969. 
À Tahiti, en 1970, ils rencontrent Bernard Moitessier qui est le premier navigateur à terminer le tour du monde sans escale. Ma mère pose avec lui sur une photo où on le voit tenir son journal de bord qui deviendra le best-seller international "La Longue Route". 
Parmi les navigateurs présents, ils sympathisent avec Jacques Brel qui les invite chez lui aux Marquises. Ma mère y mangera pour la première fois des escargots. Le début d’une amitié qui les conduit à se retrouver lors de leurs escales dans les mers du Pacifique.

Marie-Yolande à Tahiti en 1970 avec Bernard Moitessier tenant son journal de bord "La longue route"

Vers de nouveaux horizons
Après deux ans de navigation, Marie-Yolande et Ken arrivent en Australie où elle devient hôtesse de l'air sur la ligne Sydney / Vanuatu. C'est là qu'elle rencontre le peintre Michoutouchkine, qui réalisera un portrait d'elle, exposé au musée de sa Fondation MICHOUTOUCHKINE & PILIOKO ART GALLERY à Port-Vila. 
Les années passent, Marie-Yolande continue sa route vers la Nouvelle-Calédonie, la France puis Djibouti où elle rencontre mon père Michel Charuel, coopérant instituteur. Elle y enseignera à ses côtés avant de se marier en 1977 en Normandie.
La suite de l'histoire
Je suis née en 1978 en Normandie. Ma famille est partie vivre ensuite à l’île de la Réunion où mon frère nait en 1980.
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